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  • Malvina ARTHEAU

Les évidences d’une collaboration qui commence bien…

Les pratiques de travail collaboratif, même si elles existent depuis longtemps (depuis la préhistoire très certainement) trouvent un nouveau terrain d’expression grâce aux développements des outils numériques.

Pour autant, on a souvent tendance à croire qu’une collaboration efficace repose sur ces seuls outils. Hors travailler ensemble, repose d’abord sur des mécanismes partagés indépendants des outils qu’on utilise, qui doivent rester… et bien… des outils justement. Ce ne sont pas les outils qui doivent définir l’organisation que l’on met en place, mais bien l’inverse (il ne viendrait à personne l’idée d’enfoncer un clou avec une clef à molette alors que l’on dispose d’un marteau ???).

Il s’agit donc de co-faire des trucs : collaboration, coopération, co-œuvrer, co-créer… et les inévitables espaces de co-working (qui ne sont souvent que des « working à côté de »). Parce qu’aujourd’hui le terme collaboration à (heureusement) perdu sa triste couleur 39-45 pour gagner celles associées aux très en vogue « innovation », « plaisir au travail », « ensemble on va plus loin(1) ». Le terme de « collaboration » porte de jolies valeurs humanistes qui vont bien au teint. Et chacun·e de le remplir de projections, de fantasmes, d’ambitions, d’espoirs… sources de tous les malentendus possibles.

La collaboration c’est du travail, de l’engagement, du courage aussi. Cela ne va pas (plus ?) de soi, cela va même parfois à l’encontre de soi. Et aussi, il me semble important de le rappeler : on peut réaliser de très beaux projets seul·e, ou en suivant son idée et en amenant d’autres à y adhérer, sans pour autant entrer dans une collaboration. Et cela peut très bien se passer pour tout le monde. Ce n’est pas grave, ce n’est pas honteux.

Alors, au démarrage de tout travail collaboratif, que Wikipédia défini comme « l'acte de travailler ou de réfléchir ensemble pour atteindre un objectif commun », il me semble important que le groupe de personnes qui vont travailler ensemble prennent un peu de temps pour s’entendre sur un certain nombre de choses dont, en premier lieu, ce qu’il·elle·s entendent par « collaboration », et quelles sont leurs limites. Et oui, en cherchant bien, on trouve toujours quelque chose, ou quelqu’un pour lequel on n’a pas envie, et même pas du tout, du tout, envie d’un « faire en ensemble ».

Et puis seulement après, on peut se mettre à réfléchir le « comment ».

(1) « Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » proverbe africain qu’on n'en peut plus de voir utilisé pour vendre toutes les sauces sans trop bien réfléchir à ce que l’on veut vraiment